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28/02/21 : Ajout de la fiche "Appel de lecture" à l'article "Comment faire vraiment lire ses élèves".

mercredi 6 janvier 2021

[2020-2021] Le Défi 40 en lecture ! (cycle 3)


Bonjour à tous !

Je vous souhaite tout d'abord une excellente année 2021, moins "mouvementée" je l'espère que 2020 !

Il y a quelques semaines, sur Instagram, j'ai écrit ce post concernant la mise en place cette année du Défi 40 dans ma classe !

J'ai décidé de proposer ce "Défi 40" à mes élèves après avoir lu "The Book Whisperer" de Donalynn Miller. Si vous comprenez l'anglais, je vous le conseille vivement (il n'est pas traduit à ma connaissance). Donalynn Miller s'inspire beaucoup du travail effectué par Nancie Atwell et notamment de son livre "The Reading Zone" dont je vous ai déjà parlé et que je vous conseille également très, très vivement, surtout que celui-ci a été traduit (vous pouvez trouver sa version française ici).


Le but de ce "Défi 40" ? Que les élèves parviennent à lire 40 romans en entier pendant l’année scolaire, et ce dans différents genres littéraires !

J’avoue que je trouvais cela un poil ambitieux et n’étais pas sûre que cela prendrait mais je dois dire qu’au bout de quatre mois d’école, mes élèves m’impressionnent ! Certains en sont déjà à trente ! 
Bien-sûr, tous n'atteindront pas forcément les quarante romans, mais je trouve que c'est un beau défi, d'autant que dans notre classe, la lecture tient une place très importante. 
D'ailleurs, si vous voulez en savoir un peu plus sur la manière dont je fais lire mes élèves en classe, je vous renvoie à mon précédent article : comment faire VRAIMENT lire ses élèves en classe ? 

Alors le Défi 40, comment ça marche ?

Depuis le début de l'année, mes élèves remplissent cette liste de lecture. Il s'agit de la liste de tous les livres qu'ils ont terminés (et seulement ceux qu'ils ont terminés ; ils ne doivent pas lister un livre qu'ils viennent de commencer par exemple). Ils renseignent le genre littéraire (que nous travaillons lors de mini-leçons), la date à laquelle ils ont terminé le livre et enfin, la note sur dix qu'il/elle lui attribue.
Toujours dans leur cahier, mes élèves ont leur liste du "Défi 40" accompagnée d'une petite "notice". Je me suis inspirée pour cette fiche d'un modèle que j'avais trouvé sur un blog américain. Dans la première colonne sont listés les différents genres que j'"exige" de mes élèves pour ce "Défi 40". 


Dans la colonne du milieu, il y a ce que j'appelle des petites "gommettes", des petits cercles que les élèves colorient quand ils ont fini un livre de tel ou tel genre. On voit par exemple ici que l'élève a fini un livre de science-fiction et un de poésie. 
La dernière ligne est la ligne "choix libre" : une fois que l'on a terminé les livres d'un genre donné, on peut tout à fait continuer à lire des livres de ce genre, mais cette fois ils entrent dans les "choix libres". Par exemple, cette élève a lu ses trois livres requis de "fantasy/fantastique" mais rien ne l'empêche d'en lire d'autres et de les rentrer dans "choix libre". 
Certains genres ne sont pas représentés ; cela n'empêche pas les élèves d'en lire et de les ajouter aux "choix libres".

La dernière colonne est la colonne "signature de la maîtresse" : quand un élève estime qu'il/elle a lu tous les livres de ce genre, il/elle m'appelle et je viens vérifier dans sa liste que cela a été correctement rempli. Parfois les élèves se trompent dans les genres qu'ils lisent, je les renvoie donc à la liste des genres littéraires qu'ils ont dans leur cahier (nom du genre et descriptif).

Quand j'ai vérifié qu'ils ont bien terminé un genre littéraire à l'aide de leur liste de livres, je signe et je leur donne une petite perle qu'ils mettent autour de la chenille que je leur ai distribuée pour cela. Ils en sont d'autant plus motivés !
Petite précision : les 40 livres que mes élèves doivent lire sont ceux de la classe, on ne compte pas les livres qu’ils lisent en plus chez eux !

Autre précision : on ne compte ici que les romans, pas les documentaires, bandes-dessinées, etc. qui viennent en plus. 

Une dernière chose : cela peut être difficile de trouver des ouvrages de genres plus "rares" comme la poésie, que les élèves peuvent lire facilement sans que cela ne soit trop ardu (il me serait difficile d'exiger d'eux qu'ils lisent "Les fleurs du mal" de Baudelaire en intégralité, et je ne suis pas sûre que cela serait pertinent pour eux.) 

En cherchant un peu, je suis tombée sur ces petits ouvrages que j'ai achetés pour ma classe et qui permettent à mes élèves de "lire" de la poésie de différents poètes, de différents styles et de différentes époques sans que cela soit trop fastidieux pour eux. Il s'agit de ces ouvages (il y en a une quinzaine je crois). Ils ont l'avantage également de ne pas être trop coûteux financièrement.

Voilà ! Si cela vous intéresse de mettre en place le "Défi 40" dans votre classe, je vous propose les fiches que j'ai créées et que j'utilise  quotidiennement dans ma classe. Vous pouvez les télécharger ici !

Et si vous avez des questions, n'hésitez pas !

Bonne fin de semaine à vous !

samedi 19 décembre 2020

[2020-2021] Comment faire VRAIMENT lire ses élèves en classe ?

"Je n'arrive pas à faire lire mes élèves."

"Ils font semblant de lire."

"Ils lisent deux lignes puis se lèvent pour changer de livre."

"Ils passent plus de temps à discuter et papillonner que lire."

"Ils savent lire, mais ça ne les intéresse pas."

Qui ne s'est jamais trouvé face à ce problème ? On veut que nos élèves lisent, mieux, qu'ils prennent plaisir à lire, on leur concocte une belle sélection d'ouvrages, on court les bibliothèques, les vide-greniers... et malgré tout cela, ça ne fonctionne pas. Nos élèves n'aiment pas lire.

Alors comment faire ? 

Dans cet article, vous trouverez ce que j'ai mis en place dans mes différentes classes. Depuis vingt ans, j'ai eu des classes variées, hétérogènes, des classes de 20 à 28 élèves, des classes de REP ou pas REP, avec des élèves de niveaux variés en lecture, allant de petit niveau CE1 à niveau collège, voire expert, en CM. 

Je vous propose quinze éléments qui m'ont permis de faire entrer la plupart de mes élèves dans la lecture, je l'espère de façon durable.

Bonne lecture !

Lire "Comme un roman" de Daniel Pennac (1992). Ça peut paraître bizarre, mais c'est un très beau cadeau pour celui ou celle qui souhaite changer sa vision de la lecture et des lecteurs, notamment en classe. D'ailleurs, vous connaissez les "dix droits du lecteur" ? Eh bien, ils sont nés dans ce livre.

Prévoir et respecter un VRAI temps de lecture quotidien. Ça veut dire au moins vingt minutes sans interruption, non négociables, prévues dans l'emploi du temps. 

Pas cinq minutes en fin de journée parce qu'il nous reste un peu de temps. Pas cinq minutes en rentrant de récréation parce qu'on veut "poser" nos élèves. Non. Vingt vraies minutes de lecture consacrées juste à... lire. Pour cette raison, mes élèves ont en permanence trois livres avec eux, car ils n'ont pas le droit de se lever pour emprunter/rendre un livre/aller aux toilettes dans ces vingt minutes de lecture. C'est un temps, en quelques sortes, "sacralisé".

Mais attention ! Ne pas tomber dans le piège de croire que parce qu'on va décréter que nos élèves vont devoir lire pendant vingt minutes, ils vont vraiment le faire. Non. Il va falloir les y amener doucement et nous armer de patience. 

Je ne commence jamais l'année en disant à mes élèves :  "c'est l'heure de la lecture, prenez votre livre et lisez pendant vingt minutes !" ça ne fonctionnera pas. Les élèves vont faire semblant de lire, ils vont passer leur temps à papillonner, à faire autre chose, voire à discuter entre eux. Et souvent, le temps effectif de lecture sera réduit à... moins d'une minute au total. Alors comment faire ? Il y a quelques années, j'avais exposé ma manière de fonctionner afin d'arriver à ces fameuses vingt minutes. Je vous propose de retrouver l'article avec toute la démarche juste ici : Lecture autonome : comment réussir à faire lire ses élèves entre 20 et 30 minutes chaque jour ?

Sortir la lecture du cadre purement scolaire (1). Autrement dit, que mes élèves lisent le soir chez eux. Mes élèves, qu'ils soient en CE1 ou en CM2 ont tous droit à leurs vingt minutes de lecture (au moins !) chaque soir de la semaine, weekends inclus, notées chaque jour dans l'agenda. C'est une question d'habitude, à tel point que quand j'oublie de le leur faire noter, ils me répondent "mais on le sait maîtresse, on doit lire tous les jours !"

Vous allez me dire, à juste titre : "Mais comment sais-tu que tes élèves lisent bien le soir ?", ce qui est une très bonne question.

 J'ai eu plusieurs systèmes : leur demander de lister ce qu'ils lisaient, avec nombre de pages, remplir une fiche, etc. Ça ne fonctionne pas parce qu'ils peuvent "tricher" d'une part, et d'autre part, ça les distrait de leur lecture et rend la chose encore une fois "scolaire" alors que le but est le plaisir de lire (quand on lit au lit juste avant de dormir, on ne se relève pas pour remplir une fiche). Sans compter ceux qui oublient ou perdent la fiche.

Du coup cette année, je procède autrement : le livre qu'ils lisent le soir doit être celui qu'ils lisent en classe, ou en tout cas faire partie de ceux qu'ils lisent en classe. Ils ne peuvent donc pas lire de livres provenant de chez eux sur ces vingt minutes du soir (mais ça ne les empêche pas de le faire après les vingt minutes). 

Je me suis basée sur ce que proposaient Nancie Atwell dans "The Reading Zone" (ce livre est une perle, je vous le conseille également très vivement, d'autant qu'il a été traduit : La Zone Lecture) et Donalynn Miller dans The Book Whisperer (non traduit à ma connaissance).

Je fais donc chaque jour ce que j'appelle un "appel de lecture" : une fois que mes élèves sont installés pour lire en classe, je les appelle un par un et ils me donnent le titre du livre qu'ils sont en train de lire et le numéro de la page. Comme la veille ils ont fait la même chose, je sais tout de suite s'ils ont vraiment lu chez eux ou pas. 

Cet appel de lecture m'est très précieux, car je note dessus également s'ils ont fini leurs livres, ceux qu'ils ont abandonnés, et pourquoi. Voici un exemple de cette fiche cette année que vous pouvez télécharger ici !


Cela veut donc dire que oui, du coup, je permets à mes élèves de sortir les livres de ma bibliothèque de classe (je ne peux en effet pas tabler sur le fait qu'ils aient de la lecture à la maison). J'ai eu divers systèmes pour suivre les sorties de mes livres, et cette année j'ai investi dans une application qui s'appelle BookBuddy dans laquelle je scanne les livres et je les "prête" virtuellement à mes élèves. Ils ont droit à trois livres maximum à chaque fois mais par contre ne peuvent en sortir qu'un seul à la fois de la classe. Ce système me permet de tracer mes livres car au fil des années, beaucoup, énormément même, se sont perdus dans la nature.

Une particularité dans ma classe est qu'à part les livres que je leur lis et qui sont donc communs à tous, chaque élève lit un livre différent, cela pour plusieurs raisons :

    a) Chacun est différent, et tout le monde n'aime pas les mêmes livres. Si je choisis un même livre pour tout le monde, il va plaire à certains, et pas à d'autres.

    b) Tout le monde n'a pas le même niveau ni de lecture, ni d'interprétation, ni de compréhension des textes. Pour être au plus près des besoins de chacun de mes élèves, ils lisent donc chacun des livres différents.

Lors de mes premières années d'enseignement, je faisais lire le même livre à tous mes élèves et c'était compliqué : certains mettaient 3 minutes à lire un chapitre entier quand d'autres n'en avaient lu que deux pages péniblement en trois quarts d'heure. C'est d'ailleurs entre autres pour ça que j'ai cherché à changer mon enseignement de la lecture et que j'ai découvert cette autre manière de faire.


Cela implique en revanche d'avoir d'une part une bibliothèque de classe, et d'autre part suffisamment de livres pour donner du choix à ses élèves. J'ai écrit il y a quelques années deux articles à ce sujet, vous les trouverez ici : La bibliothèque de classe et Créer une bibliothèque de classe en 5 étapes. Ici, vous trouverez des informations concernant ma bibliothèque actuelle : Ma nouvelle bibliothèque de classe.

Sortir la lecture du cadre purement scolaire (2), c'est-à-dire ne pas se servir des ouvrages de littérature jeunesse comme supports d'exercices, ne pas les utiliser pour créer des séances dans lesquelles on décortique chaque mot... Attention, ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas étudier des passages pour observer le travail de l'écrivain par exemple, mais cela doit rester exceptionnel. 

Pour citer Pennac dans "Comme un roman" : "on est prié (je vous supplie) de ne pas utiliser ces pages comme instrument de torture pédagogique"Pour que nos élèves progressent en lecture, il faut que la lecture soit un plaisir, quelque chose qu'ils ont vraiment envie de faire, et pour ce faire, il faut qu'ils aient le temps de lire, et seulement lire. 

Ce qui n'empêche pas bien-sûr d'enseigner la lecture (stratégies, fluence, etc.). C'est même nécessaire. Mais cela vient en plus de ce temps de lecture. Celui-ci doit rester incompressible. Pour plus d'informations sur l'enseignement de la lecture dans ma classe, vous pouvez lire les articles suivants : L'atelier de lecture, en détail et L'atelier de lecture DECLIC version 2016 par exemple.

Pour que nos élèves progressent en lecture, il faut qu'ils lisent des oeuvres intégrales, non abrégées, non réécrites pour en faciliter la lecture. S'ils ne sont pas encore prêts à lire certaines oeuvres, nous avons deux options : 

    a- attendre qu'ils le soient (et cela varie en fonction des élèves) ; 
    b- les leur lire nous-mêmes.

Lire nous-mêmes tous les jours à nos élèves ! Comme le font les parents avec leurs enfants, (même si malheureusement, ils s'arrêtent en général quand leurs enfants "savent" lire, soit durant l'année de CP, ce qui est bien dommage). 

Je choisis généralement deux types d'ouvrages à lire à mes élèves : 

    a) en début d'année, quelque chose d'assez simple et accessible, qui va leur plaire, le but étant encore une fois de leur donner envie de se plonger dans une histoire. Je vais tabler sur des livres comme "Il y a un garçon dans les toilettes des filles" de Louis Sachar (ça marche à tous les coups), ou bien "Matilda" de Roald Dahl, ou encore "Harry Potter à l'école des sorciers"

    b) dans un second temps, des livres moins accessibles, tant dans l'écriture que dans la complexité du roman. Des livres qui sont juste au-dessus du niveau de lecture d'élèves de CM (niveau 6ème/5ème à peu près, même si ça ne veut pas toujours dire grand chose). 
Des livres qu'ils ne sont pas encore capables de lire tout seuls. Par exemple, en deuxième période je leur lis "Un Chant de Noël" de Charles Dickens : c'est relativement accessible car l'histoire est très riche, mais ça reste un peu ardu pour eux (même quand je le leur lis) car la langue est celle du XIXème siècle, il y a beaucoup de descriptions, etc. Du coup, je leur demande de visualiser en fermant les yeux et d'essayer de "voir" les images dans leur tête. 

Et si je les sens peu impliqués, quand l'histoire n'est pas encore tout à fait en place, je leur montre le début du dessin animé "le drôle de Nöel de Scrooge" de Robert Zemeckis (pourquoi ne l'ont-ils pas appelé "Un chant de Noël" comme l'original ? Mystère) car cette version est très proche du livre. Je ne leur en montre pas trop (en général jusqu'à l'histoire du marteau de porte), et seulement une fois que je leur ai lu le passage en question, mais juste assez pour que ça les titille et leur donne envie de connaître la suite de l'histoire.
Parfois, on regarde les adaptations en film qui ont été faites à partir des livres que je leur ai lus et on compare les deux, mais uniquement quand j'ai fini de lire le livre intégralement.

Vous pouvez trouver une liste des livres que j'aime lire à mes élèves, ou juste avoir dans ma bibliothèque, dans les articles suivants : Les livres que j'aime lire à mes élèvesMes derniers achats de livres pour la classeDes livres à ajouter à votre bibliothèque de classe et D'autres livres à ajouter à votre bibliothèque de classe (les deux derniers articles étant plus récents).

Pour que nos élèves progressent en lecture, il faut qu'ils lisent, et pour qu'ils lisent, il faut que nous connaissions leurs goûts en tant que lecteurs. Et pour ce faire, il faut que nous-mêmes lisions et connaissions une grande variété de littérature de jeunesse afin d'être au plus proche des besoins et goûts de nos élèves. 
Se tenir au courant de ce qui sort, de ce qui est particulièrement remarqué et remarquable dans la littérature de jeunesse (je discute par exemple beaucoup avec les gens qui gèrent la médiathèque de la ville où j'enseigne, les libraires, etc.). Plus on connaît la littérature jeunesse et ses auteurs, plus on est capable de parler littérature jeunesse à nos élèves. Pas de façon dogmatique, en se posant comme "expert". Mais de façon simple, accessible à nos élèves. Je cite encore Pennac dans "Comme un roman" : "Il faut lire, il faut lire... Et si au lieu d'exiger la lecture le professeur décidait soudain de partager son propre bonheur de lire ? Le bonheur de lire ? Qu'est-ce que c'est que ça le bonheur de lire ? Questions qui supposent un fameux retour sur soi, en effet !"
Si vous aimez lire vous-mêmes, si vous vous perdez dans des romans jeunesse, alors vous serez à même de transmettre ce bonheur à vos élèves !
C'est aussi dans cette même optique que dans ma classe, les élèves ont le droit "d'abandonner" des livres qu'ils ont commencé (de façon raisonnable et non systématique), d'en lire plusieurs à la fois, de relire les livres qu'ils ont aimés, etc. 

Si on doit bien connaître les goûts de ses élèves, il est également important de les rendre autonomes dans leurs lectures. Il faut les amener à progressivement être capables de choisir eux-mêmes des livres à leur niveau, ni trop faciles, ni trop difficiles (voir article ici : Choisir des livres à son niveau). 
Il faut qu'ils apprennent également à connaître les auteurs qu'ils aiment, les genres qu'ils affectionnent particulièrement, et pour ce faire, il faut leur offrir une variété d'ouvrages (classiques et contemporains) et leur montrer comment choisir. 

Oui, mais mes élèves n'aiment PAS lire ! Est-ce que je dois les y forcer ? 
Surtout pas ! Pennac encore : "Le verbe lire ne supporte pas l'impératif." Alors comment fait-on ? On y va très doucement. On commence par des choses qui n'effraient pas nos lecteurs les plus frileux. Des livres avec des dessins (je pense par exemple à la série des "Dégonflés"), des livres dont on sait qu'ils sont un peu justes pour des lecteurs de cet âge-là, ce qui n'est pas très grave, car quand ils auront surmonté leurs peurs, et gagné en confiance, on leur proposera plus ambitieux. 
Les questionner pour savoir ce qu'ils aiment, ce qui leur plaît, apprendre à les connaître et proposer, proposer, proposer. Ne pas se vexer quand ils rejettent nos propositions les unes après les autres parce que ça finit par payer. Et s'ils refusent trop de choses, on peut leur dire aussi à un moment, "essaie quand même, je pense que celui-ci va te plaire." En gros, ne pas leur mettre trop de pression, car pour certains, lire les met en échec, et c'est difficile pour eux de se réconcilier avec les livres.

J'ai dans ma bibliothèque de classe, accessibles aux élèves, des livres qui vont du niveau de lecture CE2 (voire CE1) à celui de 3ème. Cela me permet de pouvoir ajuster en fonction de chacun d'eux. 

Vous trouverez ci-dessous les livres que je propose à mes lecteurs plus réticents : ce ne sont pas des ouvrages forcément géniaux littérairement parlant, mais ici le but est juste de réconcilier ces élèves avec la lecture, ce qui ne nous empêchera pas de leur proposer "mieux" dans un second temps :

- la série "Foot2rue" (version texte et non BD) très facilement trouvable d'occasion ;
- la série "Cabane Magique" (idem) ;
- la série "Mystère Mystère" (en vide-greniers);
- Les "J'aime Lire" ;
- Les "Club des Cinq" (ce qui m'a fait entrer dans la lecture !) etc.

"Oui, mais comment peux-tu être sûre que tes élèves comprennent ce qu'ils lisent ?" Par le biais des entretiens individuels. Pendant le temps de lecture autonome, j'appelle mes élèves un par un, et je m'entretiens avec eux à voix basse, bien sûr, pour ne pas déranger les autres. Je les questionne sur leur lecture (ils viennent avec le livre qu'ils sont en train de lire) et les évalue sans qu'ils s'en aperçoivent. En début d'année je remplis cette petite fiche que j'ai créée et qui me permet de savoir où en est chacun d'entre eux dans les différentes domaines de la lecture. 
Puis, je note pour chacun ce qu'il y a à travailler, que ce soit la fluence, la compréhension, le lexique, etc. Et j'affine tout au long de l'année. Je ne peux pas passer mes 27 élèves en une seule fois bien sûr, mais ils passent régulièrement me voir. Pour plus d'informations à ce sujet, vous pouvez consulter l'article suivant : Les entretiens individuels et celui-ci, déjà cité plus haut, pour l'outil juste au-dessus : L'atelier de lecture DECLIC version 2016.

Pour la première fois cette année, je n'ai donné accès à mes élèves qu'à des romans pendant ce premier trimestre. Aucune BD, aucun manga, aucun documentaire, rien d'autre que des romans. Pourquoi ce choix ? Parce que je voulais qu'ils se jettent dans le grand bain des romans, de la lecture "sans images" directement. Certains ont tendance à se cacher derrière les BD, ne font que lire les images et ne s'intéressent pas vraiment au texte. D'où ce choix cette année. 
Mon objectif est atteint, ils n'ont plus peur des romans et des pages remplies uniquement d'écriture, même les élèves les plus fragiles en lecture. Je referai de même les années suivantes, sans hésiter !

Ceci dit, je ne vais pas limiter la lecture aux romans. Au fil de l'année, je vais introduire d'autres types de supports.

Par exemple, début décembre, je leur ai présenté les petits recueils de poésie que j'avais achetés pour eux : ils sont courts, très accessibles, et leur permettent de découvrir ce genre littéraire différemment de ce qu'ils ont l'habitude de faire (apprendre et réciter).
A partir de janvier, je vais les autoriser à emprunter des documentaires, mais je pense que je vais limiter à un par semaine. Ce sera aussi le moment où l'on travaillera sur l'écriture de documentaires en production d'écrits.
Concernant les BD et manga, ce ne sera qu'à la toute fin de l'année : non pas que je ne les trouve pas intéressants, bien au contraire, mais je sais que c'est ce vers quoi vont automatiquement la plupart des élèves de cet âge, et ce auquel ils ont le plus facilement accès. Du coup, je leur réserve ça pour les mois de mai ou juin, afin d'étoffer leur panel de lecture.


Enfin, mon objectif principal étant le plaisir de lire, je cherche à les motiver en créant un véritable environnement de lecture. Pour ce faire, je mets en place, tout au long de l'année divers "événements" rendant la lecture "ludique" : recommander des livres (chaque élève possède une petite "boîte aux lettres personnelle - voir photo ci-dessus et post instagram - dans laquelle ses camarades glissent une petite fiche jaune recommandant un livre dont ils pensent qu'il va plaire à cet(te) élève), présenter des livres sous diverses formes (Mon livre préféré cette année, Présenter un livre avec une boîte de céréales, mais aussi instaurer des cercles de lecture en classe, créer un prix littéraire dans la classe, etc.)
En début d'année j'ai lancé le "Défi 40" (article à venir également) : mes élèves doivent parvenir à lire 40 livres en intégralité avant la fin de l'année scolaire, dans des genres littéraires "imposés" pour certains (poésie, fiction réaliste, fantasy, science-fiction, etc.). Au bout de quatre mois, certains en sont déjà à 30... alors certes, ils ne parviendront pas tous à 40, mais c'est un beau défi et ça ajoute de la motivation !
Voilà ! J'espère que cet article vous aura donné des pistes pour permettre à vos élèves de se "réconcilier" avec la lecture en classe. J'ai essayé d'être exhaustive, mais il y a forcément des choses que je n'ai pas abordées, donc n'hésitez pas à me dire si j'ai oublié des éléments importants !

Je vous souhaite de bonnes vacances et de belles fêtes de fin d'année !

mercredi 9 septembre 2020

[2020-2021] Organiser ses entraînements de ceintures de compétences !

 

Bonjour !

J'espère que vous allez bien en ce mercredi. Aujourd'hui, je vous propose une petite astuce pour organiser et ranger vos entraînements de ceintures de compétences.

Depuis plusieurs années, j'utilise les ceintures de compétences de Charivari. Je les trouve très bien faites et les élèves et moi-même nous y retrouvons bien. Mais quand on cumule différentes ceintures de différentes compétences, il est parfois bien compliqué de savoir comment s'organiser afin que rien ne se perde ou se dégrade !

Cet été, j'ai passé un petit bout de temps à photocopier/plastifier/découper mes nouvelles ceintures (j'ai choisi grammaire, conjugaison et calculs posés) et une fois terminé, je me suis demandé comment m'organiser pour que les élèves aient un accès facile et rapide aux entrainements de ceintures et qu'ils puissent les y remettre facilement. 

J'ai donc opté pour une boite à outils 30 cases trouvée sur Amazon. Les tiroirs de cette boite sont de taille parfaite pour les ceintures. 

J'ai ensuite créé de petites étiquettes toutes simples que j'ai photocopiées sur du papier coloré (si vous voulez refaire les mêmes, il vous faut un cadre d'étiquettes de 2,5x5cm.) J'ai plastifié les étiquettes et les ai collées sur les petits tiroirs avec du double-face.

Et voilà ! Maintenant, mes ceintures sont toutes bien organisées ! Et si jamais je souhaite dans les années suivantes étoffer mon offre de ceintures (celles d'orthographe me font de l'oeil, mais ça n'est pas moi qui m'en occupe cette année), alors je n'aurais qu'à racheter une boite et la mettre au-dessus ou à côté !
Une dernière petite astuce : comme les ceintures de conjugaison et de grammaire se ressemblent, j'ai opté pour une petite gommette au dos de chaque ceinture de grammaire afin que les élèves ne les confondent pas avec celles de conjugaison !