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02/10/16 : Nouvel article sur les programmes de Maths au cycle 3 !

dimanche 21 août 2016

[NOUVEAUX PROGRAMMES 2016] La lecture au cycle 3 (3ème partie)

Voici donc aujourd'hui le dernier volet "théorique" de cette analyse des nouveaux programmes de cycle 3 pour la lecture. 

Dans l'article précédent, j'avais analysé les deux premiers points, à savoir : "renforcer la fluidité de la lecture" et "comprendre un texte littéraire et l'interpréter."

Dans ce nouvel article, je vais maintenant m'attacher aux deux derniers points : "comprendre des textes, des documents et des images et les interpréter" et "contrôler sa compréhension et adopter un comportement de lecteur autonome."








Rien de bien nouveau ici sous le soleil. En gros, on reprend les éléments d'enseignement de la compréhension d'un texte littéraire et on l'applique à ce que les anglophones appellent la "non-fiction," à savoir textes, documents, images.




- Mise en œuvre d'une démarche de compréhension : identification et hiérarchisation des informations importantes, mise en relation de ces informations, repérage et mise en relation des liens logiques et chronologiques, interprétations à partir de la mise en relation d'indices, explicites ou implicites (inférences).

- Explicitation des relations et des éléments de cohérence externes (situations d'énonciation et visée du ou des documents, contexte, nature et source des documents, etc.).

- Mobilisation des connaissances lexicales.

- Identification, construction de caractéristiques et spécificités des genres propres aux enseignements et disciplines.

- Identification, construction de caractéristiques et de spécificités de formes d'expression et de représentation (image, tableau, graphique, schéma, diagramme).

- Apprentissage explicite de la mise en relation des informations dans le cas de documents associant plusieurs supports (texte, image, schéma, tableau, graphique...) ou de documents avec des liens hypertextes.

- Mise en relation explicite du document lu avec d'autres documents lus antérieurement et avec les connaissances culturelles, historiques, géographiques, scientifiques ou techniques des élèves.

- Identification de la portée des informations contenues dans le ou les documents :
 - singulières (exemple, expérience, illustration)

 - ou générales (caractéristiques, propriétés).

On retrouve bien ici la même philosophie et les mêmes démarches que dans le point précédent concernant les textes littéraires (ce qui est logique et cohérent).







Voyons maintenant le dernier point, qui me parait extrêmement important : l'autonomie des élèves et la prise en main de leurs propres savoirs.
- Justifications possibles de son interprétation ou de ses réponses; appui sur le texte et sur les autres connaissances mobilisées.

- Repérage de ses difficultés ; tentatives pour les expliquer.

- Maintien d'une attitude active et réflexive : vigilance relative à l'objectif (compréhension, buts de la lecture) ; adaptation de la lecture à ses objectifs ; demande d'aide ; mise en œuvre de stratégies pour résoudre ses difficultés ...

- Recours spontané à la lecture pour les besoins de l'apprentissage ou les besoins personnels.


- Autonomie dans le choix d'un ouvrage adapté à son niveau de lecture, selon ses gouts et ses besoins.

Ce qui ressort en premier pour moi, c'est le fait que l'élève soit acteur de son apprentissage, et ça c'est très important. Plus on est acteur, plus on se sent concerné et plus on se donne les chances de progresser.

Cela ouvre aussi les possibilités, et montre une réelle volonté de permettre à l'élève d'aller à son rythme tout en se prenant en main en fonction de ses capacités et envies.

La demande d'aide ouvre aussi des perspectives, notamment dans le domaine du tutorat et de l'entraide.

Enfin, l'autonomie est un point qui m'est très cher, et que je suis ravie de retrouver ici.

Il me semble toutefois qu'il manque ici certains aspects importants comme le simple plaisir de lire (abordé de façon timide dans le "Recours spontané à la lecture pour (...) les besoins personnels").







Les repères de progressivité proposés me semblent très intéressants, et affinent/complètent les éléments précédents.

Je vous laisse le soin de les lire en totalité et ne vais ici que commenter quelques points qui me paraissent importants.

On y retrouve donc : 

- L'entraînement à la lecture à haute voix ;
- L'utilisation d'enregistrements numériques
- Des temps suffisants de lecture silencieuse doivent être également ménagés tout au long du cycle.

Là, j'ai presque envie de sauter au plafond ! On SAIT (par la Recherche) que plus un enfant lit, plus il progresse, par de nombreux mécanismes. Il est donc plus que logique que le premier lieu où l'enfant soit confronté à un temps de lecture important soit l'école. Et quand je dis important, dans l'idéal au cycle 3, cela devrait être entre 20 et 30 minutes par JOUR uniquement de lecture autonome (oui, je sais, l'idéal ne se marie pas bien avec les contraintes d'emploi du temps, mais on peut toujours rêver). Je reviendrai sur ce point dans un autre article, mais c'est vraiment primordial.

Je me permets en outre ici d'inclure un tweet posté aujourd'hui par Benoit Wautelet concernant la lecture du soir, qui est aussi très importante et qui va dans le même sens.


Ensuite, viennent les stratégies de lecture, et notamment cette phrase très importante : "Les temps d'apprentissage dévolus aux activités de compréhension, leur fréquence et leur régularité sont les conditions de la construction d'un rapport à la lecture en situation d'autonomie."

Ca parait rien, mais c'est énorme. On valide le fait que pour que l'élève progresse en lecture, il a besoin d'activités spécifiques de compréhension. Encore une fois, c'est donner les outils aux élèves pour qu'ils puissent progresser en lecture, et plus seulement dans le cadre scolaire. 

Autre point : "Même si les élèves à l'entrée au cycle 3 ne disposent pas tous d'une lecture suffisamment fluide pour accéder au sens de l'ensemble des textes auxquels ils doivent être confrontés, les modalités de travail mises en œuvre (lecture oralisée par le professeur, travail collaboratif entre pairs, lecture oralisée entre pairs, textes numériques audio) permettent de confronter les apprentis lecteurs à des tâches cognitives de haut niveau indispensables à la construction des attendus de fin de cycle."

En gros, la "lecture oralisée par le professeur," autrement dit, la lecture offerte, doit permettre aux élèves d'être confrontés à des textes plus difficiles que leur niveau de lecture en autonomie.
Si pour une lecture autonome, on doit veiller à ce que l'élève choisisse des ouvrages à son niveau, en revanche, la lecture oralisée par l'enseignant doit permettre de confronter les élèves à des écrits plus ardus et riches auxquels ils ne pourraient avoir accès seuls. C'est pourquoi chaque année je choisis de lire des ouvrages de Dickens en version intégrale ou encore Poil de Carotte qui est normalement réservé à des élèves un peu plus grands. 

J'ai déjà parlé de la variété des genres, donc je zappe cette partie pour en arriver là :

"Quelle que soit la forme de lecture choisie, les élèves doivent avoir accès aux ouvrages eux-mêmes, non à des photocopies ou des extraits dans des manuels. Il s'agit de passer progressivement au cours du cycle d'une lecture accompagnée par le professeur en classe à une lecture autonome, y compris hors de la classe."

Oui, en gras ET souligné, c'est à ce point !!! Oui, oui, oui !!! Enfin on sort la lecture du cadre purement scolaire, et enfin on prend la lecture dans son ensemble !!! :D

Je saute encore quelques lignes pour arriver ici :

"L'écriture est aussi un moyen d'entrer dans la lecture littéraire et de mieux percevoir les effets d'une œuvre, qu'il s'agisse d'écrire pour garder des traces de sa réception dans un cahier ou carnet de lecture, d'écrire en réponse à une consigne dans un genre déterminé pour chercher ensuite dans la lecture des réponses à des problèmes d'écriture, d'écrire dans les blancs d'un texte ou en s'inspirant du modèle qu'il fournit."

Comme dans les programmes précédents, on retrouve bien évidemment le lien très étroit entre lecture et écriture. C'est très logique, l'un n'allant pas sans l'autre.

Dans les lignes suivantes, on retrouve ce dont on a déjà parlé avant (mises en relation, interprétation, etc.). Je m'arrête juste brièvement ici, parce que ça fait trop plaisir : "Il s'agit d'apprendre aux élèves à questionner eux-mêmes les textes, non à répondre à des questionnaires qui baliseraient pour eux la lecture."

Questionner les textes, c'est-à-dire être capable de se poser des questions pendant la lecture et de trouver les réponses dans le texte, en appliquant différentes stratégies.

Pour le reste, si je pouvais souligner trois fois, je le ferais. Ca y est !!! C'en est ENFIN fini des questionnaires de lectures qui donnaient déjà des frissons à Jocelyne Giasson en 1990 mais également à Catherine Tauveron et bien d'autres !!! Youpi !!! C'est beau de le voir enfin écrit noir sur blanc.

Voilà pour ce petit tour d'horizon des nouveaux programmes en lecture ! :D

11 commentaires:

  1. J'adore ton dernier paragraphe!!!
    Laissons les élèves SE questionner et amenons-les à le faire!
    C'est là le début d'une bien belle aventure!

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  2. Merci pour ces articles, très stimulants comme toujours. Je partage ton enthousiasme et je suis impatiente de retrouver la méthode DECLIC à la rentrée. Ce sera ma 3ème rentrée avec ( je continue à progresser pour la mise en place), quelle joie d'entendre mes élèves heureux d'aller chercher leurs livres ou râler parce que le temps de lecture est terminé. J'ai enfin le sentiment de les aider à progresser en lecture !Ton blog aura été un déclencheur ainsi que celui de Mallory. MER-CI !!

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    1. Ah, c'est super, je suis vraiment très heureuse que ça se passe aussi bien pour toi et pour tes élèves ! Bonne rentrée ! :)

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  3. Bonsoir,
    Je viens de lire cet article que je trouve très intéressant mais j'ai une question : je suis PES renouvellée cette année et nous nous sommes réparties les différentes matières/compétences avec ma binôme pour une classe de CM1.
    A sa demande et en même temps, parce que j'aimais beaucoup cette partie du programme, j'ai proposé de récupérer la partie Lecture/Compréhension/Ecriture. Mais voilà, surprise, quand j'essaie de me documenter ou de me procurer un livre de français me donnant des pistes, rien, néant, il ne parle que d'étude de la langue (grammaire, orthographe, vocabulaire...). Est-ce que je suis dans l'erreur totale et l'étude de texte doit se faire parallèlement à l'étude de la langue ? Ou est-il le grand oublié du programme ?
    Merci d'avance pour toutes les réponses !

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    1. Bonjour, et bienvenue dans cette belle aventure de l'enseignement ! :)
      Alors, les manuels de français sont en général des manuels d'étude de la langue, même si certains y incluent la lecture. Si tu cherches un guide pour la lecture/compréhension, je te recommande Lector et Lectrix de Roland Goigoux et Sylvie Cèbe, et pour la littérature, Enseigner la littérature à l'école de la GS au CM2 par Catherine Tauveron. Tu devrais y trouver ton bonheur. :)

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    2. Merci beaucoup, je vais essayer de me procurer ces livres !
      Entre-temps, j'ai parcouru pendant des heures votre site et je suis tombée littéralement "amoureuse" des ateliers de lecture, je prépare pour la mettre en place dans ma classe !
      J'applaudis très sincèrement votre travail :)
      Bonne continuation et à très bientôt !

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  4. Coucou, depuis plusieurs années, je ne garde comme questionnaires que le rallye en ligne de Orphys, hyper motivant pour les enfants. Merci de cette lecture éclairante sur des programmes plutôt touffus, bien qu'ils semblent avoir plein de réflexions qui vont dans le bon sens.
    Cecilez

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    1. C'est super! Bon courage pour la rentrée!!! :)

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